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Rencontres

Interview de Gary Scott Thompson, showrunner de Taxi Brooklyn

Le créateur de Las Vegas et showrunner de Taxi Brooklyn explique son métier, sa rencontre avec Luc Besson et les différences entre séries françaises et américaines.

Interview de Gary Scott Thompson, showrunner de Taxi Brooklyn16 août
Gary Scott Thompson
Gary Scott Thompson

Coucou tout le monde ! C’est Ness, et je reviens avec une interview. J’ai beaucoup de chance, parce que j’ai pu lui parler et c’est vraiment une grande source d’inspiration. Je suis donc très heureuse de vous présenter Gary Scott Thompson.

Sa bio, écrite par un·e fan

Gary Scott Thompson est showrunner et producteur exécutif. Il est le créateur et producteur exécutif de Las Vegas, série à succès de NBC, et de Taxi Brooklyn, avec Chyler Leigh (alias Lexie Grey dans Grey’s Anatomy). Gary a aussi écrit Fast and Furious.

L’interview de Gary S. Thompson

Ness : Bonjour Gary S. Thompson, je suis Ness et c’est une interview pour Ness’Word. Comment allez-vous ?

Gary : Très bien, merci. Et vous ? En ce moment, je suis un peu débordé parce que je dois rendre un script pour un nouveau projet.

Ness : De quoi parle ce projet ?

Gary : C’est un reboot d’une vieille série britannique, Amicalement vôtre (The Persuaders).

Ness : D’accord. Avant d’entrer dans le vif du sujet : quelle formation avez-vous suivie pour devenir scénariste, et depuis quand exercez-vous ce métier ?

Gary : J’ai une licence d’art dramatique de l’université de Californie et un master en beaux-arts de la Tisch School of the Arts de l’université de New York.

Ness : Vous êtes donc le scénariste de Taxi Brooklyn ?

Gary : En fait, je suis le showrunner. Ça n’existe pas en France. Je suis scénariste et producteur exécutif de la série.

Ness : J’adore Taxi Brooklyn, alors laissez-moi vous demander : le scénario a-t-il été difficile à écrire ? Et si oui, qu’est-ce qui a été le plus dur ?

Gary : Non, ce n’était pas difficile.

Ness : Quand vous vous êtes mis à l’écrire, ou plus généralement quand vous vous mettez à écrire n’importe quel scénario, quelle est la chose la plus importante à réussir ? Quels éléments de l’histoire concentrent toute votre attention, et pourquoi ?

Gary : Je viens du théâtre et de l’écriture dramatique, donc le personnage est toujours ce qui compte le plus pour moi, mais chaque scénario est différent. Je travaille rarement deux fois de la même manière.

Ness : Génial ! Comment s’est passé le travail sur Fast and Furious ?

Gary : Fast and Furious, c’était amusant. J’aime les films d’action, j’aime les voitures.

Ness : Que pensiez-vous de Paul Walker ?

Gary : Il était charmant, charismatique, et c’était quelqu’un de très gentil.

Ness : Expliquez-nous pourquoi c’est si dur pour un scénariste d’écrire pour la télévision américaine, et pourquoi c’est si difficile de créer une série de qualité ?

Gary : Beaucoup de facteurs entrent en jeu dans une série de qualité. Tout commence par l’écriture. Il faut aussi de bons acteurs et un bon réalisateur. Il faut un studio et une chaîne qui croient en votre vision.

Ness : Vous assistez aux auditions ?

Gary : Oui, je suis présent à tout.

Ness : Vous devez être épuisé à la fin de la journée. Vous êtes toujours occupé ?

Gary : Oui, on est toujours occupé quand on est showrunner. On travaille avec les scénaristes, les réalisateurs, les acteurs, la production. On va à toutes les auditions. On gère la postproduction et le montage. Dans le cas de Taxi Brooklyn, il existe en fait deux versions différentes de la série. La version américaine est très différente de la version française.

Ness : Pourquoi ?

Gary : La version française dure jusqu’à 15 minutes de plus sur certains épisodes. La chaîne française TF1 ne voulait pas les mêmes choses que la chaîne américaine NBC.

Ness : Comment avez-vous choisi de devenir producteur ?

Gary : C’est une façon, pour un scénariste, de garder le contrôle sur son propre travail.

Ness : Quelles études ou quels cours faut-il suivre quand on veut devenir producteur de télévision ?

Gary : Aller en école de cinéma. Un bon producteur doit connaître toutes les facettes de la fabrication d’un film.

Ness : En « théorie », comment fonctionne le système là-bas ? Quels rôles jouent les différents acteurs dans la création d’une fiction ? Au départ, une chaîne cherche une idée, un projet, mais ensuite ?

Gary : Le système américain est différent du système français. Aux États-Unis, les idées de séries viennent en général des scénaristes. Nous allons voir les chaînes pour leur présenter nos idées.

Ness : C’est mieux ?

Gary : Dans la plupart des cas, c’est bien mieux. Les projets sont des projets passion portés par le scénariste. Nous n’avons pas beaucoup de producteurs non-scénaristes à la télévision ici : la plupart des producteurs de séries sont aussi scénaristes, on les appelle des scénaristes-producteurs.

Ness : Quelles sont les grandes différences avec la production française ?

Gary : Aux États-Unis, il n’y a qu’une seule voix : celle du showrunner. En France, il y a beaucoup de voix, des producteurs aux réalisateurs en passant par la chaîne.

Ness : Selon vous, aux États-Unis, les chaînes et les producteurs ont-ils longtemps considéré les séries comme le parent pauvre du cinéma, un simple moyen de remplir les grilles de programmes ?

Gary : Pas selon moi. La télévision et le cinéma ont toujours été très différents. Il y avait les gens de la télé et les gens du cinéma, et ils ne passaient pas de l’un à l’autre. Très rarement, en tout cas. Pour certains à Hollywood, la télévision était considérée comme l’enfant illégitime du cinéma. Aujourd’hui, scénaristes, producteurs, réalisateurs et acteurs passent tous d’un média à l’autre.

Ness : D’après vous, quelles séries américaines valent vraiment le coup et ne sont pas de simples produits de consommation ?

Gary : Au bout du compte, c’est l’industrie du divertissement, et c’est une industrie. Chacun aime des séries différentes. J’adore Game of Thrones, d’autres non.

Ness : Comment est né Taxi Brooklyn ?

Gary : EuropaCorp m’a appelé pour me demander si je voulais bien les aider. J’ai toujours voulu travailler avec Luc Besson, alors j’ai dit oui.

Ness : Comment s’est passée votre rencontre avec Luc Besson ?

Gary : Je l’ai rencontré il y a trois ou quatre ans ici, à Los Angeles, et on a essayé de trouver quelque chose sur quoi travailler ensemble. Ils se sont souvenus de cette rencontre et, quand ils ont eu besoin d’aide sur Taxi Brooklyn, ils m’ont appelé.

Ness : C’est génial ! Pourquoi la saison 1 de Taxi Brooklyn ne compte-t-elle que 12 épisodes ?

Gary : C’est le nombre d’épisodes commandés par TF1.

Ness : La saison 2 est en préparation ?

Gary : Nous attendons simplement le feu vert de TF1.

Ness : Quand aurez-vous la réponse ?

Gary : Je pensais qu’on l’aurait déjà. Ça ne dépend vraiment pas de moi, c’est la décision de la chaîne. J’étais prêt à travailler il y a des mois.

Ness : Avez-vous vu Chyler Leigh dans Grey’s Anatomy ? Qu’en avez-vous pensé ?

Gary : Oui. Personnellement, je la préfère dans Taxi Brooklyn. Évidemment, je ne suis pas objectif.

Ness : Racontez-nous une anecdote drôle sur Chyler.

Gary : Elle adore danser sur le plateau. Le premier jour de tournage, Chyler était tellement nerveuse que j’ai dû intervenir et lui tenir la main pour la calmer.

Ness : D’où viennent les idées de scénarios ?

Gary : J’ai un million d’idées, donc ce n’est pas difficile pour moi. Au fil de la saison, j’essaie d’écrire en fonction des points forts des personnages. J’essaie toujours de trouver l’humour dans chaque situation, aussi sombre que soit le sujet. Pour Taxi Brooklyn, j’ai essayé de trouver des idées très new-yorkaises. Certaines intrigues fonctionnent mieux que d’autres.

Ness : Quel est le métier de vos rêves ?

Gary : Je le fais déjà.

Ness : Que pensez-vous de Pretty Little Liars, Vampire Diaries et Grey’s Anatomy ?

Gary : J’ai vu toutes les séries que vous citez, mais je suis plutôt fan de Game of Thrones et de The Walking Dead. J’ai trouvé le pilote de Grey’s Anatomy excellent. Très intelligent. J’ai su que ce serait un succès dès que je l’ai vu.

Ness : Connaissez-vous Shonda Rhimes ?

Gary : Non. Mais je connais Eric Dane. Il a joué dans quelques épisodes de ma série Las Vegas.

Ness : Que pensez-vous de la téléréalité et de ses dangers pour la production de fiction en général ? Et pour le public ?

Gary : Je ne suis pas vraiment fan de téléréalité. Ce n’est pas vraiment la réalité, puisque tout est scénarisé. Exception possible : The Biggest Loser, parce que les candidats perdent vraiment du poids.

Ness : Quand venez-vous en France avec toute l’équipe ?

Gary : Je ne sais pas. Ça dépend de la saison 2. Personnellement, j’aimerais tourner quelques épisodes en France, mais c’est à la chaîne de décider.

Ness : Votre acteur préféré ?

Gary : Waouh. Question difficile. Si je ne dis pas Chyler ou Jacky, ils vont m’en vouloir.

Ness : Votre couleur préférée ?

Gary : Le bleu, le bleu des Dodgers (c’est une équipe de baseball).

Ness : Qu’est-ce qu’on peut attendre de vous à l’avenir ?

Gary : Plus de séries et plus de films.

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